Compost & sols

Astuces pour accélérer la décomposition de votre compost

Par Maxime
5 minutes

Les fondamentaux du compostage accéléré : un coup de pouce à la nature


Transformer rapidement vos déchets organiques en un amendement riche pour le sol : voilà le rêve de tout jardinier économe et astucieux ! La décomposition du compost peut être lente lorsque certaines règles sont négligées. Pourtant, avec quelques méthodes éprouvées et des gestes très simples, il est possible d’activer le processus pour obtenir un compost mûr en quelques mois seulement.


Comprendre la décomposition : qui travaille dans le compost ?


Le compostage repose sur le travail d’une faune invisible (bactéries, champignons, lombrics, cloportes, etc.) qui digèrent la matière organique. Ces décomposeurs ont besoin, pour être efficaces, d’un environnement équilibré : de l’air, de l’humidité, de la nourriture (matière carbonée et azotée) et une température adaptée. Dès que l’un de ces éléments manque, le compost stagne ou pourrit. C’est ici qu’interviennent les astuces pour tout accélérer, de façon naturelle.


Bien doser les ingrédients : la clé d’un compost efficace


Le bon équilibre entre matières "brunes" et "vertes"


  • Matières brunes : riches en carbone, elles aèrent le compost (feuilles mortes, paille, branches broyées, carton brun, sciure non traitée, tontes sèches).
  • Matières vertes : riches en azote, elles nourrissent les micro-organismes et activent la chauffe (épluchures, marc de café, tontes fraîches, restes de légumes, purin, crottin d’herbivores).

Respectez un ratio proche de 50 % brun / 50 % vert (en volume, et non en poids !) pour assurer un démarrage rapide. Trop de vert ? Le compost sent mauvais et se tasse. Trop de brun ? Il sèche et ne chauffe pas.


Grossir ou réduire ? La taille de vos apports compte !


Plus vos déchets sont fins, plus ils se décomposent vite. Hachez, broyez, coupez en morceaux : branches passées au broyeur, coquilles d’œufs écrasées, épluchures détaillées. Les surfaces augmentent, l’action des micro-organismes est facilitée… et le compost avance quelques semaines plus vite !


L’air et l’eau : duo indispensable pour l’activation


Brasser, aérer, mélanger


La fermentation rapide vient d’une bonne oxygénation. Retournez votre compost tous les 15 jours à la fourche ou avec un brass’compost. Remuez du centre vers les bords, pour éviter les poches anaérobies (manque d’oxygène). Faites-le après chaque nouveau dépôt volumineux.


De l’humidité, mais pas trop


Les micro-organismes adorent l’humidité relative d’une éponge essorée : pas détrempé, mais jamais sec. Si votre compost est trop mouillé (pluie, restes cuits), rajoutez du brun sec. Trop sec (en été), arrosez modérément ou recouvrez-le d’un voile humifère ou paillis.


Activer le compost : les boosters naturels


  • L’ajout de fumier frais (herbivores) : véritable "starter", il accélère la montée en température. Peu à la fois, car trop de fumier crée des odeurs.
  • Purin d’orties ou de consoude : ajoutez un arrosoir (dilué à 10 %) sur votre tas pour activer la biomasse microbienne.
  • Vieux compost mûr ou terre de taupinière : ensemencez le tas ; cela introduit directement des bactéries et champignons décomposeurs.
  • Lombricompost : transférez quelques poignées d’un composteur de vers pour booster la population de décomposeurs.
  • Quelques pelles de terre de jardin : ajoutent des micro-organismes indigènes adaptés au climat local.

Évitez les "activateurs chimiques" du commerce, souvent inutiles si l’équilibre brun/vert est respecté.


La température : surveiller la "chaleur" de votre compost


Un bon compost monte à 50-60°C en phase initiale (compostage à chaud) : preuve que la biomasse est bien active. Pour vérifier, enfoncez la main ou un petit thermomètre de jardin. Si le centre du tas reste froid, c’est parfois signe d’un manque d’azote (vert) ou d’humidité, ou d’une aération insuffisante.


Le contenant : choisir le bon système


  • Compost en tas : facile, mais plus lent sauf si bien régulièrement brassé.
  • Composteur en caisse bois ou plastique : protège de la dessiccation, chauffe mieux, et limite les nuisibles.
  • Tambour rotatif (composteur accéléré) : idéal pour brasser souvent sans effort, accélère jusqu’à 2 fois la maturation.
  • Silo grillagé : bonne aération, mais attention au dessèchement.

Quel que soit le contenant, adaptez le volume : un compost efficace mesure au moins 1 mètre sur 1 mètre. Trop petit, il peine à chauffer en hiver.


Check-list : les erreurs qui ralentissent la décomposition


  • Oublier d’alterner matière brune et verte (compost qui stagne)
  • Laisser sécher le tas en été ou le détremper en hiver
  • Apporter de gros déchets non broyés (branches entières, cartons épais)
  • Stocker dans un coin trop ombragé, froid et humide
  • Laisser le tas à l’abandon sans brassage durant plusieurs semaines
  • Remplir à ras bord sans rappeler l’aération : le compost étouffe

Petit calendrier de l’activation : accélérer selon la saison


  • Printemps : période idéale pour débuter un compost, avec abondance de verts. Ajoutez régulièrement des bruns (paille, feuilles stockées).
  • Été : attention au dessèchement ! Brassez plus souvent, couvrez votre composteur pour limiter l’évaporation.
  • Automne : profitez des feuilles mortes, broyez-les ou mélangez avec dernières tontes.
  • Hiver : le processus ralentit par le froid. Continuez les apports, mais réduisez la fréquence de brassage. Couvrez le tas si possible.

Questions fréquentes sur la décomposition rapide du compost


  • Pourquoi mon compost met-il plus de 6 mois à se transformer ?
    Un manque d’aération, une carence en matières "vertes", l’absence de retournement ou de broyage sont souvent en cause. Reprenez les fondamentaux, et remuez le tas !
  • Le compost sent mauvais, que faire ?
    C’est le signe d’un excès d’humidité ou d’un manque d’oxygène. Ajoutez des bruns, aérez.
  • Peut-on accélérer sans investissements ?
    Oui : un peu de temps (broyage, brassage), un tas bien équilibré et quelques "activateurs" naturels suffisent !
  • Faut-il des vers ?
    Ils viennent d’eux-mêmes dans un compost à température modérée. Toutefois, un apport de lombricompost est bénéfique.

En résumé : 7 gestes incontournables pour un compostage turbo


  1. Mélangez systématiquement bruns et verts à chaque apport.
  2. Broyez ou coupez au maximum vos déchets de cuisine et de jardin.
  3. Retournez ou brassez régulièrement pour oxygéner le tas.
  4. Vérifiez l’humidité et ajustez-la selon la saison.
  5. Incorporez de temps à autre un activateur naturel (purin, vieux compost, terre, fumier).
  6. Utilisez un volume de composteur suffisant (1m3 minimum pour accélérer la chauffe).
  7. Adaptez le rythme de gestion à la saison et couvrez le tas au besoin.

Avec ces astuces simples et naturelles, votre compost mûrira rapidement et vous offrira un amendement maison aussi efficace que durable, boostant la vie de votre sol et la fertilité de votre potager !
Observez, expérimentez et, surtout, prenez plaisir à voir la nature transformer vos déchets en or brun.

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