Compost & sols

Comprendre les différents types de compost pour son jardin

Par Maxime
6 minutes

Pourquoi le compost mérite sa place dans tous les jardins


Recycler les déchets organiques pour enrichir la terre : telle est la promesse du compost. Mais face à la diversité des techniques et des matières disponibles, il peut sembler complexe de s’y retrouver. Pourtant, chaque type de compost a ses spécificités et avantages selon la taille du jardin, le climat, les habitudes de vie ou simplement les envies. Découvrons ensemble comment choisir le compost adapté à vos besoins et comment l’intégrer efficacement à votre routine de jardinier, que vous cultiviez un potager, un verger ou un simple massif fleuri.

Le compost traditionnel : la valeur sûre universelle


C’est le grand classique, accessible à tous, réalisé à partir des déchets de cuisine (épluchures, coquilles d’œufs, marc de café) mélangés aux déchets du jardin (feuilles mortes, tontes de gazon, tailles de haies). Le compostage traditionnel se fait en tas ou en bac, à l’air libre, et demande de la patience : il faut compter de six mois à un an pour obtenir un matériau mûr, sableux, riche en vie microbienne et sans odeurs fortes.


  • Conseils d’astucieux : Alternez toujours une couche "verte" (déchets humides) et une couche "brune" (matière sèche – feuilles mortes, copeaux de bois) pour équilibrer la décomposition.
  • Retournez le tas toutes les quelques semaines pour aérer et accélérer la maturation.
  • Évitez d’ajouter trop de restes animaux (viandes, poissons), d’agrumes ou de plantes malades.

Ce type de compost convient à la plupart des jardins et offre un amendement organique polyvalent, idéal à incorporer au pied des arbres, dans les massifs et potagers au printemps et à l’automne.

Le lombricompost : idéal petits espaces et composteurs urbains


Pour ceux qui disposent d’un balcon, d’une terrasse ou d’une petite surface et souhaitent valoriser principalement les déchets de cuisine, le lombricomposteur est la solution compacte et sans odeurs. Il s’appuie sur l’action de vers spécifiques (Eisenia fetida notamment), qui digèrent rapidement matières molles et carton brun.


  • Le lombricompost produit deux éléments précieux : un "compost" concentré, à la texture fine (à mélanger à la terre ou en rempotage), et un thé de vers, liquide brun très riche à diluer (1 dose pour 10 d’eau) pour l’arrosage des plantes.
  • Il est rapide (3 à 6 mois pour une récolte) et offre une transition simple vers le compostage pour les débutants ou les espaces limités.
  • Limitez les agrumes, oignons et ail pour le bien-être des vers.

Le lombricompostage est très apprécié en ville, dans les appartements ou pour démarrer une démarche zéro déchet à petite échelle.

Le compost de surface : paillage malin et sol vivant


Inspiré de la nature, ce mode de compostage ne nécessite ni tas ni bac. Il consiste à déposer directement, en couche fine, les déchets organiques sur le sol non travaillé : tontes de gazon, feuilles mortes, résidus de récolte, foin, mais aussi épluchures de cuisine si elles sont bien dissimulées.


  • Le compost de surface limite l’évaporation, protège la microfaune et nourrit le sol doucement, tout en freinant la pousse des adventices.
  • Il est particulièrement recommandé sur les parcelles en permaculture ou les carrés potagers, pour jardiner "sans retourner la terre".
  • Mieux vaut éviter les couches trop épaisses ou riches en matières humides pour ne pas attirer nuisibles ou moisissures.

C’est la technique idéale pour les jardiniers pressés ou ceux qui souhaitent maximiser leur sol vivant toute l’année sans manutention intensive.

Le bokashi : fermentation ultra-rapide pour déchets variés


Moins connu, le bokashi est une technique venue d’Asie qui utilise un substrat d’activateurs microbiens (son de blé inoculé de bactéries efficaces) pour fermenter rapidement les déchets même carnés, laitiers ou cuits.


  • Le système fonctionne hermétiquement (seau fermé), ne dégage pas d’odeurs gênantes, et permet de "pré-composter" en deux semaines.
  • On obtient un liquide très acide à diluer grandement (1:100) pour l’arrosage, et un résidu solide fini à enterrer dans le jardin pour finir sa transformation (2 à 4 semaines supplémentaires).
  • L’intérêt majeur : valoriser quasiment tous les restes de la cuisine, y compris ce que l’on proscrit habituellement du compost classique.

Le bokashi s’impose là où le tri des déchets est compliqué ou la place réduite, tout en accélérant la création d’un amendement organique de qualité.

Compost en tas, en bac ou en silo : quelle structure privilégier ?


Au-delà de la méthode, le choix du contenant influence l’efficacité du compostage. Le tas libre convient aux grands jardins peu exposés au vent. Le bac à compost, en plastique recyclé, métal ou bois, apporte ordre, ergonomie et limite la visite des animaux. Le silo à compost (structure ajourée, cylindrique ou cubique) améliore la circulation de l’air et facilite les retournements.


  • Pour moins d’1 m³/an, un bac ou un lombricomposteur suffit ; au-delà, privilégiez plusieurs silos pour alterner remplissage et maturation.
  • Pensez à l’accessibilité : multipliez les accès pour brasser le compost et en extraire la partie mûre.

Compost spécifique : déchets verts, compost de feuilles, compost de tontes...


Parfois, traiter séparément chaque "famille" de déchets apporte des bénéfices ciblés.


  • Compost de feuilles mortes : Idéal pour produire un humus fin, acide et riche en micro-organismes (terreau de feuilles). A utiliser en paillage ou en support de semis léger pour jeunes plants et plantations d’ombre.
  • Compost de tontes : Mélangées de préférence à des matières très sèches, les tontes apportent azote et humidité mais peuvent facilement tasser le compost. Utilisez-les en couches légères ou en "mulching" sur le potager.
  • Compost de fumier : Précieux dans les jardins familiaux ou à la campagne, le fumier (cheval, vache, poule) enrichit puissamment le sol en azote, phosphore et potassium. Il doit cependant être composté séparément ou préalablement séché pour éviter les brûlures racinaires.

Comment intégrer le compost à ses cultures ?


Que vous ayez choisi le compost traditionnel, le lombricompost, le bokashi ou le compost de feuilles, l’essentiel reste l’intégration progressive aux cultures. Au printemps, épandez une fine couche (1 à 2 cm) avant de griffer ou de planter. A l’automne, enfouissez légèrement les excédents pour relancer l’activité biologique du sol durant l’hiver.


  • Les massifs fleuris apprécient un apport annuel pour soutenir la floraison.
  • Les jeunes plants de potager profitent du compost comme d’un "coussin" riche pour démarrer.
  • Évitez de déposer du compost non mûr directement sur les petites racines (risque de brûlure).

Quels indicateurs pour un compost réussi ?


Un compost mûr sent bon l’humus forestier, présente une texture grumeleuse, une couleur sombre, et aucune trace identifiable des déchets de départ. Il doit s’intégrer facilement à la terre sans former de mottes collantes. La présence de vers, cloportes ou collemboles indique une belle vitalité.


Signes d’un souci à corriger : odeur désagréable (trop d’humidité, manque d’aération), compost très sec ou absence d’activité (ajoutez matière humide et retournez), présence de nuisibles (couvrez mieux, évitez certains restes alimentaires).

Check-list pratique pour choisir son compost


  1. Évaluez vos déchets (cuisine, jardin, animaux) et la quantité disponible selon la saison.
  2. Déterminez la place dont vous disposez (jardin, terrasse, balcon, intérieur).
  3. Choisissez la technique adaptée : tas, bac, lombricomposteur, bokashi, compost de feuilles ou de surface.
  4. Combinez les méthodes si besoin (bokashi + tas, surface + lombricompost), surtout en famille ou en jardin partagé.
  5. N’ajoutez que ce que vous pouvez "gérer" en évitant les erreurs classiques : trop d’humide, manque de matières brunes, excès d’agrume ou de viandes.
  6. Intégrez le compost au rythme de vos plantations, toujours en observant la vitalité de votre sol.

Nouvelles tendances et gestes pour demain


Le compost fait son grand retour dans tous types de jardins face à la crise écologique et à la recherche d’une production plus naturelle. Les collectivités proposent désormais des composteurs collectifs de quartier, les écoles enseignent le compostage dès le plus jeune âge, et les fabricants innovent avec des solutions plus esthétiques, pratiques et compactes.


  • Le compost arrive sur les balcons (mini-bacs, bokashi design) et dans les entreprises (composteurs d’intérieur collectifs).
  • Des ateliers pédagogiques et diagnostics de sol sont proposés pour aider chacun à progresser dans son autonomie.
  • Composter, c’est aussi prévenir 30 à 40 % des déchets partant en décharge, un geste à impact immédiat pour le climat.

En résumé : chaque compost a sa vocation, à vous de jouer !


Créer et utiliser un compost adapté transforme la vie du jardin : plus de fertilité, moins d’arrosage et une biodiversité décuplée sous vos pieds. Laissez-vous guider par vos besoins, votre espace et votre curiosité, car il existe forcément un compost à la mesure de votre quotidien… et de votre envie de jardin astucieux.

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