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Le bokashi : découvrir cette méthode japonaise de compostage

Par Maxime
5 minutes

Le compost japonais Bokashi : une solution innovante pour recycler ses déchets de cuisine


Connu pour son efficacité, le bokashi séduit de plus en plus d'adeptes du jardinage et du zéro déchet en France. Ce procédé de fermentation des déchets alimentaires, venu tout droit du Japon, offre une alternative au compostage classique, notamment pour les personnes disposant de peu d’espace ou vivant en appartement. Découvrons ensemble ce système ingénieux, ses atouts, sa mise en œuvre et les erreurs à éviter.


Qu’est-ce que le bokashi ? Un compostage urbain et rapide


La méthode bokashi repose sur la fermentation anaérobie (sans oxygène) des résidus organiques, sous l’action de micro-organismes spécifiques. Son nom signifie d’ailleurs littéralement « matière organique fermentée » en japonais. Contrairement au compost traditionnel, il n’est pas basé sur la dégradation aérobie et dégage donc très peu d’odeur.
Le bokashi s’effectue généralement dans un seau hermétique muni d’un robinet. On alterne couches de déchets (même ceux proscrits dans le compost classique comme les restes de viande, poisson ou fromage) et couches d’un mélange enrichi en micro-organismes efficaces (EM). La fermentation dure entre deux à quatre semaines, produisant un substrat acide prêt à être intégré au sol, ainsi qu’un « jus » très riche en nutriments, appelé « thé de bokashi ».


Comment fonctionne la méthode bokashi ?


  1. On place les déchets organiques directement dans le seau dédié, en tassant pour limiter l’air.
  2. À chaque ajout, on saupoudre avec le son de bokashi (mélange de son de blé, mélasse et EM).
  3. Le tout fermente durant 15 à 21 jours, le couvercle demeurant fermé hermétiquement.
  4. Le liquide qui s’accumule au fond est récolté grâce au robinet régulièrement.
  5. Les déchets « pré-compostés » sont ensuite enfouis au jardin ou versés dans un compost classique pour maturation finale.

Les avantages du bokashi pour les jardiniers et les urbains


  • Simplicité d’utilisation : Pas besoin de retourner, d’aérer ni de surveiller la température. Le bokashi s’installe facilement dans une cuisine, sur un balcon ou dans une cave.
  • Accepte tous types de déchets organiques : Contrairement au compost traditionnel, il traite aussi les produits carnés, fromages, agrumes, restes de repas cuits.
  • Peu d’odeurs : La fermentation en milieu anaérobie limite les désagréments olfactifs. Seul sent parfois un léger parfum vinaigré.
  • Rapidité du processus : En moins d’un mois, les déchets sont transformés en amendement utilisable, bien plus rapidement qu’avec du compostage classique.
  • Production d’un engrais liquide puissant : Le jus récupéré, très concentré en nutriments, s’utilise dilué pour fertiliser les plantes vertes, les massifs ou la pelouse.
  • Solution pour petits espaces : Idéal pour appartements, mini-jardins urbains ou potagers en bac, sans besoin de tas encombrant ou de composteur extérieur.

Bien démarrer avec son bokashi : mode d’emploi étape par étape


Mettre en place un système bokashi demande peu de matériel, mais une certaine rigueur pour assurer la réussite du processus. Suivez cette méthode simple en 5 étapes :


  1. S’équiper du matériel nécessaire :
    Un seau bokashi hermétique (avec robinet), du son de bokashi spécial (mélange vendu en jardinerie ou à faire soi-même), une spatule pour tasser, une petite passoire/égouttoir pour récupérer le jus.
  2. Stocker les déchets :
    Découpez finement vos restes alimentaires (épluchures, trognons, pain rassis, viande, fromages, coquilles d’œuf…), pour accélérer la fermentation.
  3. Fermenter sans oxygène :
    Après chaque ajout de déchet, tassez bien et recouvrez d'une poignée de son de bokashi, puis refermez hermétiquement le couvercle.
  4. Récolter le « thé » de bokashi :
    Tous les 3-4 jours, récupérez l’engrais liquide avec le robinet. Diluez 1:100 avant d’arroser les plantes (un concentré pur peut les brûler).
  5. Valoriser le substrat fermenté :
    Après 15 à 21 jours, videz le contenu du seau dans une tranchée au potager, au pied d'arbres ou dans le bac à compost. Recouvrez de terre pour finir la maturation.

Conseils pratiques pour réussir son bokashi


  • Garder le seau toujours fermé : l’oxygène arrête la fermentation et peut causer des égouts ou moisissures indésirables.
  • Hacher vos déchets : la dégradation sera plus rapide et homogène si les morceaux sont petits.
  • Saupoudrer le son systématiquement : c’est la clé du succès ; ni trop, ni trop peu (1 à 2 cuillères à soupe par litre de déchets).
  • Surveillez l’odeur : un parfum acide est normal, mais une puanteur forte signale une erreur (trop d’air, déchets trop humides ou oubli du son).
  • Utiliser le jus rapidement : il se conserve frais quelques jours mais mieux vaut l’appliquer dès la récolte, dilué.
  • Bien enfouir le substrat au jardin : il est encore trop acide pour les racines, mais il s’intègrera au sol en 2 à 3 semaines seulement.

Questions fréquentes autour de la méthode bokashi


  • Que peut-on mettre dans un seau bokashi ?
    Presque tous les déchets alimentaires : épluchures, purée, pain, pâtes, restes de viande/poisson, produits laitiers. Évitez les liquides abondants (huile, lait, soupe) et les gros noyaux ou os durs.
  • Le bokashi remplace-t-il le compost classique ?
    Il complète superbement le compost, mais son “substrat” nécessite un temps d’intégration au sol. Pour un lombricomposteur ou un tas classique, mélangez régulièrement les apports bokashi.
  • Est-ce vraiment sans odeur ?
    Un bokashi bien conduit ne sent que faiblement le vinaigre ou la choucroute. Si une odeur d’œuf pourri s’installe, c’est qu’il y a eu défaut d’aération ou excès de déchets humides.
  • Que faire du substrat si l’on n’a pas de jardin ?
    Partagez-le avec des voisins jardiniers, apportez-le dans des espaces verts partagés, ou confiez-le à un compost de quartier. Il peut aussi finir en jardinière sur le balcon (enterré sous 10 cm de terre).
  • Quelles précautions pour les animaux ou enfants ?
    Le substrat avant intégration au sol a une acidité élevée : surveillez chiens et chats. Mélangez-le bien à la terre avant usage sur des cultures comestibles.

Check-list pratique pour bien débuter avec le bokashi


  1. Installer un seau adapté avec robinet et couvercle hermétique.
  2. Avoir en stock du son de bokashi (faire le plein pour 2 mois d’avance).
  3. Découper ses déchets fins avant ajout, alterner couche de déchets/couche de son.
  4. Vider le jus fermenté au minimum 2 fois par semaine (toujours dilué en arrosage).
  5. Laisser fermenter 15-21 jours avant incorporation au sol ou au compost.
  6. Bien enfouir le substrat loin des racines des jeunes plants ou au fond d’œillère de potager.
  7. Nettoyer soigneusement le seau à chaque cycle complet.

Pourquoi adopter le bokashi aujourd’hui ?


Avec la généralisation des villes et la réduction des déchets, le bokashi s’impose en solution efficace, propre et ludique pour valoriser au quotidien les restes alimentaires. Il permet à chaque foyer, même sans jardin, de réduire la part de déchets organiques et de produire un amendement naturel précieux pour son potager, ses jardinières ou ses massifs floraux. Son côté pédagogique sensibilise petits et grands à la circularité de la matière, renforçant le lien entre assiette, terre et biodiversité. Adopter le bokashi, c’est ainsi offrir à son jardin une vitalité nouvelle… tout en simplifiant son quotidien.


En résumé : un compostage malin, propre et adapté à tous les jardins


Le bokashi ouvre de nouvelles perspectives pour qui souhaite composter en ville, valoriser sans odeur ses déchets et enrichir simplement toute parcelle de terre, petite ou grande. Sa rapidité, sa praticité et son aptitude à recevoir une large variété de restes alimentaires en font un allié précieux des jardiniers urbains ou pressés.
Quelques gestes réguliers et un peu de curiosité suffisent à profiter de ce cycle propre et nourrissant. Lancez-vous : le bokashi, plus qu’une méthode japonaise, est aujourd’hui un geste concret et accessible pour un jardin résolument astucieux !

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