Arbres & haies

Planter des arbres pour favoriser la faune locale : astuces et espèces recommandées

Par Maxime
6 minutes

Arbres et biodiversité : pourquoi planter pour la faune locale ?


Installer des arbres dans son jardin, au-delà de l’effet paysager ou de l’ombrage bienvenu, est un véritable geste en faveur de la biodiversité. Pour la faune locale, l’arbre représente nourriture, abri, site de reproduction, mais aussi un relais entre différents milieux. Face à la raréfaction des vieux arbres et des haies champêtres, créer ou restaurer des plantations diversifiées dans son espace est l’une des actions les plus simples et efficaces pour accueillir les petits animaux.
Découvrons comment choisir et associer les essences, planifier l’installation, et entretenir ces mini-forêts vivantes tout en profitant d’un jardin plus riche et animé toute l’année.


Quels animaux profitent des arbres du jardin ?


  • Oiseaux : Merles, mésanges, rouges-gorges, pic-verts… s’y nichent, y trouvent baies, insectes ou graines, et utilisent le feuillage pour se protéger.
  • Mammifères : Écureuils, hérissons, chauves-souris, loirs… profitent des cavités, de la litière ou des ressources offertes par les arbres.
  • Insectes : Abeilles sauvages, papillons, coléoptères, syrphes… butinent les fleurs, se développent dans le bois mort ou sous l’écorce.
  • Amphibiens & reptiles : Grenouilles, lézards, orvets profitent du microclimat créé par les arbres (ombre, humidité, refuges au sol).

Un arbre bien choisi et entretenu héberge à lui seul des dizaines d’espèces. En multipliant les variétés, vous créez une mosaïque de milieux hébergeant une faune variée et utile au jardinier.


Planter pour la faune : quels critères privilégier ?


Toutes les essences ne se valent pas du point de vue écologique. Voici les points clés à observer :


  • Plantes indigènes : Les espèces locales sont mieux adaptées au sol, au climat et aux besoins de la faune du secteur.
  • Diversité : Mélanger feuillus, fruitiers, arbres à floraison précoce et tardive multiplie les ressources (nectar, pollen, baies, graines…)
  • Multi-étagement : Associer arbres, arbustes et couvre-sols crée des strates successives, utiles à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.
  • Présence de bois mort ou de cavités : Privilégiez les arbres propices aux loges naturelles (vieux pommiers, saules, chênes).
  • Longévité et rusticité : Un arbre résistant vivra assez longtemps pour garder son rôle écologique essentiel.

Quelques espèces à privilégier pour attirer la faune


Pour les oiseaux 


  • Prunellier (Prunus spinosa)
    Un arbuste solide, couvert de fleurs blanches précoces puis de petites prunelles noires en fin d’été. Les baies sont fort recherchées des rouges-gorges, grives, merles…
  • Aubépine (Crataegus monogyna)
    Fleurs printanières pour les pollinisateurs, puis petits fruits rouges persistant tout l’automne, qui nourrissent nombre d’oiseaux.
  • Sorbiers (Sorbus aucuparia, S. aria)
    Leur fructification attire les fauvettes et les grives ; feuilles légères appréciées par les chenilles de papillons.
  • Noisetier (Corylus avellana)
    Nourrit mésanges et sittelles, tandis que les écureuils raffolent des noisettes tombées.

Pour les insectes pollinisateurs et auxiliaires


  • Tilleul (Tilia cordata, T. platyphyllos)
    Excellente source de nectar. Attire abeilles, bourdons et papillons dès juin. Plus tard, ses feuilles servent aussi de refuge.
  • Érable champêtre (Acer campestre)
    Floraison mellifère, héberge de nombreux insectes auxiliaires et chenilles.
  • Saules (Salix caprea, S. alba)
    Floraison ultra-précoce (chatons en mars), cruciale pour les abeilles à la sortie de l’hiver.

Pour les petits mammifères


  • Poirier sauvage (Pyrus pyraster ou variétés anciennes)
    Ses fruits sont précieuses sources d’énergie pour les blaireaux, mulots, ou renards.
  • Pommier sauvage (Malus sylvestris)
    Fruits persistants et cavités accueillantes pour de nombreux animaux.

Pour la faune spécifique : chauves-souris, lézards, amphibiens


  • Chêne pédonculé (Quercus robur)
    Une multitude d’insectes xylophages, coléoptères et lépidoptères dépendent du chêne (pupes, loges sous l’écorce). Leur abondance attire les prédateurs.
  • Bouleau (Betula pendula)
    Feuillage aéré, caisse de résonance pour insectes ; tronc blanchâtre recherchée comme abri sous l’écorce morte.

Planter et aménager : étapes pour un jardin vivant


Avant de planter : bien préparer et réfléchir l’emplacement


  1. Observez : Notez les zones lumineuses, humides, ombragées ou en friche. Évitez de choisir au hasard : placer une espèce adaptée au bon endroit est clé pour sa survie.
  2. Structurez : Disposez au moins 2 à 3 strates (arbre de haut-jet, arbuste, plante basse). Par exemple : chêne + viorne + ronce ; sorbier + noisetier + lierre.
  3. Prévoyez les hauteurs et le développement : Un arbre prendra de l’ampleur en largeur et en hauteur – tenez compte de la distance à la maison, aux fils électriques ou aux potagers.
  4. Favorisez les lisières irrégulières : Les bords non rectilignes, les bosquets, les microclairières plaisent à la faune qui s’y cache aisément.

Mise en terre : astuces pour maximiser l’accueil de la faune


  • Creusez un large trou (2-3 fois le volume de la motte). Ajoutez compost mûr, terreau naturel et ameublissez le fond.
  • Paillez généreusement aux pieds (feuilles mortes, broyat de branches, gazon sec). Cela conserve l’humidité, nourrit les microbes et attire les insectes du sol.
  • Installez quelques pierres ou tas de bois mort non loin pour offrir abris à de multiples bestioles.
  • Pensez à des nichoirs ou abris boisés intégrés : une bûche percée verticalement, un empilement de bûches, ou un nichoir à mésanges accroché au tronc peuvent accélérer l’occupation par la petite faune.

Calendrier de plantation


  • Automne : Période idéale, la terre est humide, les jeunes arbres ont le temps de s’enraciner avant l’été suivant.
  • Printemps : Possible pour des sujets en pot ou des arbustes à racines nues, en arrosant abondamment.

Check-list : réussir la plantation d’arbres favorables à la faune


  1. Choisir 3-5 essences locales, dont au moins un arbre à fruits sauvages et un à fleurs précoces.
  2. Varier les hauteurs et densifier la base avec paillage, vivaces, ronces ou lierre.
  3. Aménager une zone « sauvage » du jardin, sans tonte ni taille stricte, à proximité immédiate des arbres plantés.
  4. Installer des abris (nichoirs, branches creuses, tas de feuilles) pour aider à l’installation des premiers résidents.
  5. Favoriser l’eau : minibaril, coupelle en argile ou, mieux, une mini-mare, sont vite colonisés.
  6. Éviter tout produit chimique (désherbant, insecticide), qui nuit à l’équilibre du petit écosystème créé.

Questions fréquentes et conseils supplémentaires


  • Puis-je planter des arbres fruitiers d’ornement ou de variétés modernes ?
    Oui, mais privilégiez les variétés anciennes, souvent plus rustiques, moins traitées, et plus utiles pour la faune (pommiers à petits fruits, poiriers sauvages, cerisiers acides, pruniers mirobolans…).
  • Combien de plants pour un « effet forêt » dans un petit jardin ?
    Dès 2-3 arbres et 4-5 arbustes espacés, accompagnés d’une base végétalisée, la différence devient nette encouragent oiseaux et insectes à s’installer.
  • Que faire des branches tombées ou mortes ?
    Laissez-en au sol dans un coin discret : elles servent d’abri à beaucoup d’invertébrés, hérissons et amphibiens.
  • Et l’arrosage ?
    Les deux à trois premières années, surveillez que la terre reste moite au printemps et en été. Un paillage épais réduit nettement la fréquence d’arrosage.

Astuces complémentaires pour booster la biodiversité au jardin


  • Multipliez les floraisons décalées : Un saule en mars, un tilleul en juin, un sorbier en août couvrent trois périodes clés pour les pollinisateurs.
  • Favorisez la connectivité : Reliez vos arbres par une haie vive ou une bande non tondue, pour créer des « couloirs écologiques ».
  • Laissez vieillir certains arbres : Une souche, un tronc creux, du bois mort sont irremplaçables pour la reproduction de nombreuses espèces.
  • Acceptez le « fouillis » périphérique : Bordures enherbées, ronces, herbes hautes, augmentent l’attractivité pour les insectes et petits vertébrés.
  • Misez sur la diversité : Panachez feuillage caduc et persistant, floraison parfumée ou discrète, port fastigié ou arrondi… chaque animal trouvera son coin favori !

En résumé : planter des arbres, un geste gagnant pour la faune et le jardinier


Introduire des arbres variés et adaptés dans son espace, c’est bien plus qu’un ornement ou un refuge de fraîcheur. Vous offrez gîte, couvert, et routes naturelles à une multitude de petits habitants du jardin, qui en échange participeront à l’équilibre écologique, à la pollinisation de vos plantes, ou à la régulation des nuisibles. Cette démarche, accessible à tous, favorise aussi le plaisir de la découverte pour toute la famille, au fil des saisons et des observations.
En planifiant soigneusement les espèces et l’aménagement, puis en accompagnant la croissance et le développement naturel, vous transformez votre coin de verdure en vrai havre pour la biodiversité locale.
Alors, n’hésitez plus : plantez, diversifiez, laissez pousser… et profitez du spectacle vivant qu’offrent chaque jour les arbres complices de la faune au jardin !

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